La lettre de Marc Everbecq au Préfet de la Seine Saint-Denis.
Monsieur le Préfet,
J’ai pris
connaissance du courrier que vous avez fait parvenir aux maires de notre département en date du 11 septembre 2007.
Cette lettre d’« information » est en fait une mise en garde à l’encontre les soutiens apportés par les élus et les associations aux enfants scolarisés dans nos villes et
leurs familles sans papiers menacés d’expulsion.
J’ai en effet eu l’honneur à deux reprises d’organiser conjointement avec RESF (Réseau Education Sans Frontières) des cérémonies de parrainage afin de mettre sous protection
citoyenne ces enfants et leurs familles que nous connaissons bien, qui fréquentent les structures éducatives de la commune, qui participent à la vie associative, au développement des quartiers et
qui contribuent à donner une âme à notre ville.
La solidarité qui s’exprime partout à Bagnolet, à commencer par les écoles, les enseignants, les parents d’élèves, prend une dimension à la fois symbolique et concrète dans les
cérémonies de parrainages républicains que nous organisons à chaque fois que la liberté de nos concitoyens est menacée.
Ce n’est pas la premières fois que des engagements solidaires forts des Maires pour venir en aide aux citoyens les plus fragilisés, sont contestés par le pouvoir central aux motifs
qu’ils dépassent leurs prérogatives ou contreviennent à tel ou tel article de loi.
Ces Maires qui estiment être dans leur rôle, sont convoqués devant les tribunaux pour avoir pris des arrêtés contre les expulsions locatives ou contre les coupures d’eau et
d’électricité dans leur ville.
Demain pour
délit de solidarité avec les enfants scolarisés sans papiers ils feront l’objet de signalements auprès du procureur de la
république.
Nous avons une autre lecture du droit et du devoir envers nos concitoyens.
Une lecture qui s’inspire des textes fondamentaux de notre République que sont la déclaration universelle des droits de l’Homme et la convention internationale des droits de
l’enfant.
Nous ne laisserons pas non plus ternir l’image d’une France Terre d’Asile pour les personnes menacées, brimées et opprimées dans le monde.
Liberté, Egalité, Fraternité ne sont pas pour nous que trois mots apposés au fronton de notre mairie ; ils constituent la devise Républicaine de la
France et s’imposent à nous comme à vous, chargés d’histoire, de luttes émancipatrices, de combats qui ont façonné cette référence de terre d’accueil et donné ses lettres de noblesse à notre
démocratie.
Soyez assuré, Monsieur le Préfet que nous continuerons à apporter toute la solidarité nécessaire aux familles menacées dans leurs droits élémentaires à
la vie, à la liberté, à l’éducation, au logement.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet , mes cordiales salutations.
Le Maire
Marc EVERBECQ
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