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La gauche de nouveau rassemblée à Bagnolet !

 Bagnolet

Alors que la rue de Solferino a entériné une primaire dans cette ville dirigée par Marc Everbecq (PCF), des responsables du PS ont rejoint la liste du maire sortant.
 

Coup de théâtre à Bagnolet. Alors que le PS local, en accord avec la rue de Solferino et le député de la circonscription Claude Bartolone, a claqué la porte de la majorité municipale pour présenter sa propre liste, une partie des militants socialistes, emmenée par Daniel Bernard, adjoint au maire sortant et président du groupe PS, vient d’annoncer son ralliement à la liste conduite par le maire communiste Marc Everbecq.

Une défection de taille pour la tête de liste socialiste Tony Di Martino, qui a déjà dû faire face, il y a quelques semaines, à la défection d’une partie des Verts, dont les cinq élus sortants sont finalement éclatés entre les quatre listes de gauche en lice.

Sensible à l’argument de « rééquilibrage politique » brandi par le PS séquano-dyonisien pour justifier la constitution de listes socialistes autonomes dans les municipalités dirigées par des maires communistes, Daniel Bernard, premier des socialistes dans la liste d’union de la gauche en 2001, dit s’être désolidarisé du PS après la désignation d’une tête de liste dont il ne partage pas « la conception en matière de pratiques démocratiques ». Les socialistes qui ont rejoint la liste conduite par Marc Everbecq soulignent surtout la nécessité d’en finir avec les divisions à gauche qui ont agité le mandat écoulé au point de freiner la réalisation de nombre de projets. Ils entendent également « assumer le bilan de la municipalité sortante », dont le Parti socialiste et les Verts furent parties prenantes. « Nous avons eu de nombreux échanges avec Marc Everbecq sur les propositions que nous voulons mettre en avant en matière de développement économique, d’urbanisme, ou encore de politique environnementale. Il y a eu une écoute des idées que nous défendons, d’où la conclusion de cet accord », expose Daniel Bernard. Un accord qui devrait valoir, sous peu, l’exclusion à ce militant socialiste qui affiche trente-quatre ans de parti et entre pour la première fois, en dissidence.

Le maire sortant, lui, se réjouit de ce geste qui, dit-il, « change beaucoup de choses ». À la tête d’une liste rassemblant des responsables associatifs, des syndicalistes, des communistes, des écologistes, des républicains, des militants d’extrême gauche, et désormais des socialistes, il estime qu’avec ce ralliement, « Bagnolet est de nouveau rassemblée ». « C’est la mobilisation des citoyens dans cette campagne qui a permis d’aboutir à cette union des différentes composantes de la gauche », souligne l’édile, qui a initié dès le printemps dernier des « ateliers citoyens » pour bâtir, avec les habitants, un projet municipal axé sur la notion de « solidarité ». Dans le paysage d’une gauche éclatée, la démarche a fait mouche et a permis de faire revenir à la politique des populations, en particulier parmi les plus jeunes, qui en sont d’habitude exclues. Un travail politique qui a permis d’enclencher une dynamique que le pari socialiste de s’appuyer sur le seul résultat de Ségolène Royal à l’élection présidentielle (37,03 % au premier tour et 63,67 % au second) n’a pas réussi à susciter.

Rosa Moussaoui

 

 
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