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Notre camarade Odette Kerbaul mise à l'honneur par Ouest France !

P766229D579544G_px_470__w_ouestfrance_.jpgLa photographe Marie Rameau a tiré le portrait de trente résistantes. Ce ne fut pas une mince affaire : cinq ans de travail. Pour, enfin, faire une mise au point sur les plus intenses et les plus noires années de leurs vies.

Odette Kerbaul, 87 ans, se souvient de tout : du charivari des souris dans la prison de Loos à Lille, de la solitude de la cellule « avec une cuillère et une gamelle », de l'odeur de la ronéo qui imprime des tracts, des deux arrestations par des policiers français, des sévices, des neuf copains fusillés, de l'Internationale et de La Marseillaise chantées à pleins poumons le 1er mai 1944 dans la prison.

Elle se souvient de tout sauf d'un truc : son revolver : « J'en avais un que je cachais dans mon soutien-gorge. Je suis incapable de dire ce que j'en ai fait. » Odette Kerbaul en sourit, dans son coquet appartement de Bagnolet, elle qui dit « ne pas aimer témoigner » avant de se reprendre : « Mais il faut. Il faut se pousser. »
Quand Marie Rameau est venue, la première fois, elle s'est presque excusée : « Vous savez, ce n'était pas grand-chose. » Pas grand-chose risquer sa peau ? Pas grand-chose vingt mois de prison ? Pas grand-chose les tournées à vélo dans le Nord pour passer des messages, préparer des sabotages, déstabiliser l'ordre noir qui avait pris ses aises en terre de France ?
« On était appelés des communistes, puis des terroristes... Finalement nous n'étions que des patriotes ennemis de la guerre et du fascisme. »
C'est sous le nez de ces femmes résitantes, Odette Kerbaul, Lucie Aubrac, Gisèle Guillemot ou Françoise Robin que l'appareil Nikon de Marie Rameau est venu iriser son oeil argentique. La jeune femme, née en 1968, a été happée par ces visages et les histoires. Ça lui venait de loin. D'une adolescence au bord de la rivière d'Etel dans le Morbihan. D'un exposé à faire pour le lycée et une porte de voisine que l'on pousse.

Celle de Simone Le Port qui pesait 35 kg en 1945 après des mois de camp à Ravensbrück. Sur la photo du livre, Simone ressemble à une arrière-grand-mère buvant du thé à la bergamote : « Ne vous méprenez pas. Si l'une d'elles vous fait penser à votre grand-mère, souvenez-vous que ces femmes furent une minorité à mettre leur vie en danger. » Elles furent et demeurent des coriaces. Des féroces et des dures à cuire.

Elles sont restées des méfiantes : « J'ai dû montrer patte blanche. Revenir les voir parfois dix fois. Les convaincre. Pour les trouver, c'est drôle, j'ai navigué comme à travers un réseau de clandestines. Elles me confiaient des adresses de copines, m'ouvraient des portes. » Et quand la jeune femme débarquait chez elles, elles résistaient encore :
« Quand j'ai fait tout ça, j'étais jeune et belle. Montrez-moi à cet âge-là. Vous savez, j'étais assez jolie, mais maintenant... Et puis la vie a été un peu dure avec moi. »
Marie a insisté. Traqué la belle lumière sur le beau sourire. Et arraché leurs photos à ces coquettes :
« Coquettes ? Non pas coquettes. Élégantes. Viscéralement attachées à ce que leur histoire vraie ne soit pas trahie. »
Au final, au bout de cinq années d'approches patientes, Marie Rameau nous propose trente portraits itinéraires. Il y a dans ce travail, un condensé de la société française d'une époque où la ligne de crête entre le refus courageux et le oui indigne était implacable.

On y lit, on y voit et on y entend des ouvrières communistes, des grandes bourgeoises catholiques, des femmes ordinaires et des intellectuelles trapues. L'armée des ombres, du moins sa partie féminine, était constituée de tout un peu. Le dégoût de l'inadmissible, la dignité d'être soi traversent toutes les classes sociales.

Et puis, on y retrouve, poignantes, quelques photos qui sont déjà des souvenirs. Lucie Aubrac, Hélène Vianney ou France Hamelin ne sont déjà plus là. Il était grand temps de les regarder une nouvelle fois. De faire provision de ces regards tout à tour transperçants ou se perdant dans le vague. À 20 ans, elles ont tout vu et aujourd'hui, elles nous regardent. Un jour, leurs yeux vont se fermer.

Le pressoir du temps besogne et nous arrache une à une ces dames lumineuses, éclairées de l'intérieur, extrêmement gaies et graves à la fois. Ces dames un peu mystérieuses comme Marie-Jo Chombart de Lauwe, toujours parmi nous, qui dit d'elle-même : « Je suis une revivante. »
 

François SIMON

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G
Un peu bizarre le commentaire de la photographe... Elle photographie des femmes mais ne veut pas qu'elles soient ce qu'elles sont... un peu de sérieux !!! Odette est une camarade et on ne peut pas lui enlever cette identité ! Mettre en ligne (sans commentaire particulier) un article sur Odette serait récupérer le travail artistique ? Mieux vaut aller photographier des vaches !
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M
Un commentaire à l'auteur de ce blog.J'ai fait un livre sur l'élan résistant, pas un livre sur les communistes en résistance. Je mets à l'honneur des femmes qui se sont battues pour une certaine idée de l'homme, cet ouvrage compte autant de gaullistes que de communistes, mais là n'était pas mon propos. Je ne souhaite en aucune manière être rattrapée par quelque parti politique que ce soit. En outre il m'est arrivée d'exposer certains de ces portraits à la mairie de Bagnolet qui avait à l'époque perdu la moitié de l'exposition je n'ai jamais récupéré ces photos et cela sans le moindre dédommagement ni sans les moindres excuses. J'imagine que ce commentaire ne sera pas validé. En tout cas, je vous demande de ne pas récupérer mon travail dans ce blog.Marie Rameau 
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M
<br /> Merci de votre commentaire. Je n'ai pas le sentiment d'avoir récupéré votre travail en mettant en ligne un article de Ouest France évoquant notre amie Odette Kerbaul... Tous ceux qui connaissent<br /> Odette sont ravis de ce papier qui ne dit pas ce que dit votre commentaire. En ce qui concerne votre rapport avec la Mairie de Bagnolet je vais évidemment me renseigner.<br /> Cordialement<br /> Laurent Jamet<br /> <br /> <br />