Ceci n'est pas une chaise vide...
Ces derniers jours le ras le bol qui agitait la blogosphère bagnoletaise depuis quelques mois a finalement explosé. L'article publié par
Pierre Mathon sur son blog au sujet de son ancien camarade et désormais autoproclamé « vert authentique » est l'expression de ce ras le bol. Mais de quoi s'agit-il exactement ?
Quelles sont les raisons qui font que nous en venions à être compréhensifs envers les déclarations de M.Mathon et que nous lui emboîtions le pas dans une dénonciation vive, mais salutaire,
d'une certaine façon de faire de la politique ? Car tel est le fond du problème. Nulle question ici de s'attaquer à une personne, à un nom (il se trouve que nous avons été les seuls à réagir à
des propos mal placés à son égard, même si nous n'avons pas bénéficié de la même mansuétude sur son blog, puisque le nom d'André Baraglioli a pu y être associé à une insulte sans que cela
n'émeuve ce pourfendeur de la tolérance et de la démocratie). Non, décidément il n'est vraiment pas question de nous attaquer personnellement à cet homme que nous connaissons bien mais il est
de notre devoir de responsables politiques d'accompagner les démocrates de Bagnolet dans leur choeur et de proposer notre grille d'analyse. Car Michel Pesci, on le
connaît.
Certains dirons que nous sommes mal placés pour parler en nous rappelant d'autres temps, d'autres lieux, et toutes expériences dont nous avons su faire le bilan critique et également condamner lorsque c'était nécessaire. Il sera normal que nos adversaires essayent de nous réduire encore une fois au goulag et autres murs de Berlin. Nous n'en attendons pas moins d'eux et traiterons ces provocations avec le mépris nécessaire. Nous ne nous baserons pas sur un expérience militante commune tant cet homme « de gauche » (?) semble vouloir cultiver l'exclusion de notre participation à cette famille politique.
Il n'est pas, de mémoire d'élu communiste de cette ville, de sujet, de revendication, ou de lutte où d'abord l'expression d'une différence puis celle d'une divergence dans les actes politiques n'ait émergé (du "Non" au traité européen, à la question des Rroms Bulgares en passant par l'école et, morceau de choix, la démocratie). Il a longtemps paru aux anciens élus que M.Pesci n'était qu'un de ces habitants qui n'aiment les élus que pour leur cracher dessus. C'est ce que nous disaient les anciens. Et notre propre expérience, au début, nous a fait penser qu'il pouvait en être autrement. Qu'il était possible de discuter. Au contraire, semblant vouloir en faire toujours plus, il accompagne ses mentors du moment (Pierre Mathon hier, Didier Idjadi aujourd'hui) dans une surenchère verbale qui généralement ne tarde pas à les mettre mal à l'aise (sauf s'ils apparaissent aussi déstructurés). Mais il n'en est rien et la proximité ainsi établie avec l'élu n'a eu d'autre but que de déverser sa bile sur ce dernier. Ainsi, ce qui nous choque est cette volonté de tous les instants de diaboliser les élus en utilisant les accusations les plus viles. Pour l'accusation récurrente de "suppôt du sarkozysme", nous devons admettre qu'il n'est pas le seul et que, dans Bagnolet, la gauche qui a perdu les élections s'est forgé une rhétorique identitaire commune en stigmatisant la municipalité de gauche au même niveau que si elle était UMP (voir par exemple le dernier commentaire de M.Pesci sur caractère "Bling-bling" des assises, on ne trompera personne "bling-bling = Sarkozy donc Everbecq = Sarkozy, CQFD). Mais c'est tout de même cette personne qui est venu faire de la provocation devant une réunion politique du PCF et y a traité les élus communistes de fascistes, lui qui, bien sûr, a pu assister à la réunion sans être inquiété, ni même refoulé. Cet homme, on le connaît, est donc capable des pires amalgames. C'est également lui qui a illégalement tagué les panneaux électoraux de ses anciens camarades, alors que les militants communistes collaient des affiches blanches sur les panneaux des autres candidats involontairement recouvertes. Donc Michel Pesci (nous le connaissons bien...) aurait des problèmes avec les élus ? En fait, il semble, pour reprendre l'analyse de Pierre Mathon, confiée directement par lui (que nous ne pensons pas trahir en en faisant publiquement état) que M.Pesci n'ait pas de problème avec les élus mais qu'il aurait tout simplement voulu être élu. Son insistance à vouloir abusivement se proclamer "représentant des conseils de quartier" et faire de ceux-ci "l'égal des élus" semble confirmer cette analyse. M.Pesci souffre d'un manque de reconnaissance, il aimerait être "notabilisé". Nous ne comptons pas les courriers où il s'offusque de ne pas avoir été invité à tel ou tel évènement comme autant de preuve de sa soif de reconnaissance. Nous souhaitons donc vivement que cet article l'y aide.
Malgré les faits qui parlent d'eux-mêmes, depuis des années, les assises et la démocratie participative font partie de ses marottes, de ses fixations. Les réponses qui lui sont apportées périodiquement et encore dernièrement sur le blog de Marc Everbecq ne semblent jamais le convaincre. Les assises coûtent chers dit-il et pourraient être remplacées par les conseils de quartier ? Mais en quoi les conseils de quartiers ont-ils légitimité à parler au nom des habitants ? Pour les élus, on comprend, c'est leur nature même liée à la délégation du suffrage universel. Mais au nom de quoi quelqu'un comme lui est-il plus a même de parler que la veuve Michu ou M.Diallo ? au nom d'un gène ? d'une compétence particulière ? d'un signe de dieu ? Il est étonnant de constater que c'est justement dans son quartier que les amertumes de ceux qui ont été les "déçus" des conseils de quartier ont été les plus vivement exprimées, c'est donc aussi cela le bilan de sa pratique démocratique... Il semble reprendre le précepte « plus on en parle, moins on pratique ».
Les derniers arguments tendant à dire que l’argent des assises pourrait être utilisé à des destinations autres est également discutable. De l’argent pour les écoles et par pour les assises affirme t-il, est un signe inquiétant de cette dérive. Opposer les besoins des populations, laisser croire que l’argent est mal utilisé et que d’autres priorités doivent être définies est le signe que cet homme n’a vraiment rien compris à ce qu’est réellement la démocratie participative. Les habitants de notre ville ont besoin de participer à la définition des objectifs stratégiques de la municipalité et non pas de mettre en œuvre ses objectifs. Or, réclamer la mise en place d’un budget participatif (géré légalement par qui ? selon quels principes de définition ?) est bien moins intéressant pour la vie politique Bagnoletaise que de faire en sorte que les attentes réelles soient prises en compte dans l’élaboration des politiques publiques. Encore une fois, c’est par le petit bout de la lorgnette que M.Pesci regarde Bagnolet.
Les comptes-rendus du conseil municipal qu’il réalise mensuellement sont également pathétiques. L’angle « éditorial » est systématiquement partial, ce que l’on peut comprendre, mais appuyé par des commentaires et des éléments d’analyses qui manquent singulièrement de discernement et recourent à des procédés malsains que s’interdirait tout démocrate sincère. Ainsi, la comptabilité des absences des élus, au delà du fait qu’elle est faite sans que soient prises les précautions normales (regretter l’absence d’un élu sans dire qu’il était hospitalisé, victime d’un deuil ou en congé de maternité) est, au mieux, indélicat, au pire, déplacé humainement parlant. Mais politique et humanité ne semblent pas pour lui aller de pair, si ce n’est dans le discours.
Nous prendrons pour terminer trois exemples qui montrent bien qu’il y a loin des paroles aux actes et qu’en matière de démocratie M.Pesci n’est pas homme à pouvoir donner des leçons. Le scandaleux texte écrit par M.Idjadi sur l’Islam au cours de l’été a suscité une légitime réaction et a été purement et simplement retiré du blog, sans qu’une tentative d’explication ne soit donnée. Ce texte n’a donc simplement pas existé. Curieuse façon d’assumer ses dires et de pratiquer la transparence éditoriale du blog. Autre exemple, la censure systématique de tout commentaire mettant en évidence les contradictions entre l’exigence de démocratie affirmée sur ce blog et la pratique réelle. On a vu par la publication de commentaires bidons comment était validé tout ce qui brossait les élus verts dans le sens du poil et comment est écarté, tu, censuré, tout ce qui est un tant soit peu critique. Le dernier en date est le bidonnage des photos publiées sur le blog des verts à l’occasion des assises. Le procédé consistant à ne pas dire la vérité, à la travestir, est scandaleux et quiconque d’honnête intellectuellement aurait publié un mot d’excuse envers ces habitant qui n’existent visiblement pas. Curieuse façon de lutter contre la soi-disant ségrégation des habitants. Mais là encore, il ne semble pas possible d’imaginer que s’excuser, ou reconnaître simplement qu’on s’est trompé fasse partie de la pratique politique de M.Pesci.
Pris ensemble, ces exemples montrent que M.Pesci a une pratique politique digne des pires heures du stalinisme dont il se prétend être un pourfendeur. Bagnolet est une ville populaire et les élus communistes seront toujours du coté du peuple dans toute sa diversité, sans se vautrer dans le populisme le plus détestable. C’est notre engagement, faire en sorte que les attentes populaires soient réellement prises en compte, sans faiblesse et sans céder à des pratiques politiques indignes de la gauche en faisant le pari de l’intelligence. Les Bagnoletais nous ont démontré qu’ils étaient capables de reconnaître en nous ceux qui les aiment pour ce qu’ils sont et non pour ce que nous voudrions qu’ils soient.
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