Intervention de Mme Marie-Catherine Ondoua, conseillère municipale chargée de la petite enfance au conseil municipal du 26 octobre 2006
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs, Chers collègues,
Alors qu’attendre un enfant devrait être un moment de bonheur, c’est très souvent un moment d’angoisse pour les parents inquiets quant à la possibilité de lui trouver un mode de garde de qualité.
Ils sont à la recherche d’une solution rassurante offrant des moyens d’éveil, d’apprentissage, de socialisation à un coût supportable.
Les crèches tiennent une place particulière dans le maillage diversifié des modes d’accueil. Bien plus qu’un lieu de vie journalier pour les jeunes enfants, elles constituent un environnement éducatif et social reconnu, capable de mettre en valeur le potentiel de chaque petit dans les meilleures conditions.
Autour d’un projet éducatif et dans le respect des droits de l’enfant qui prend en compte les aspects sanitaires (équilibre de l’alimentation, sommeil, prévention des accidents) comme des aspects sociaux (implication des parents, vie sociale de la crèche), elles contribuent à l’épanouissement des jeunes enfants tout en restant accessibles financièrement pour les familles. Véritable service public de qualité pour les tout-petits, les crèches suscitent beaucoup d’intérêt et d’espoir chez les parents, et les demandes d’admission sont bien supérieures à l’offre disponible, que ce soit à Bagnolet ou autre part en France. Au sein de notre ville, dans toutes les structures collectives, le taux de satisfaction des demandes s’élève à 38 % alors que la moyenne nationale est autour de 10 %. Dès lors on comprend bien la déception de toutes les familles qui n’obtiennent pas de place en crèche et qui ne souhaitent ou ne peuvent pas trouver un autre mode de garde à Bagnolet.
De nombreux professionnels de la petite enfance tirent d’ailleurs la sonnette d’alarme et n’hésitent pas à parler « d’injustice sociale ». En effet, les parents des milieux favorisés finissent souvent par trouver une solution même onéreuse. Mais pour les autres familles, plus pauvres ou en difficulté c’est le parcours du combattant au quotidien, les systèmes « D », au détriment de la qualité éducative et du bien être de l’enfant.
La municipalité de Bagnolet soucieuse d’offrir des prestations de qualité modernes et conformes aux évolutions des modes de vie a complètement rénové la crèche rue Lénine. Elle est maintenant ouverte depuis quelques mois, mais nous sommes confrontés à des difficultés de recrutement en nombre suffisant de personnel qualifié compte tenu du manque de formation dans le secteur. Ceci nous amène à accueillir aujourd'hui seulement 40 enfants au lieu des 60 prévus.
La délibération qui j’espère va être adoptée ce soir par le conseil municipal, engagera un processus de municipalisation de la crèche départementale située rue Girardot, ce qui va permettre d’améliorer le nombre de berceaux pour les petits Bagnoletais. Ce transfert d’une structure départementale ouverte à tous les habitants de Seine Saint Denis, en une structure municipale ouverte seulement aux bagnoletais rendra plus cohérente la politique municipale en direction de la petite enfance, tout en permettant au Conseil Général d’utiliser les fonds dégagés pour la création de nouvelles places d’accueil collectif dans les endroits déficitaires du département.
L’opération a un coût réparti entre la CAF, le Conseil Général et la ville. La transition se fera sur 8 ans, de manière dégressive. Néanmoins le coût réel pour notre commune ne nous permet pas de mener de front la municipalisation, des deux crèches départementales ; c’est pourquoi il est proposé chers collègues, de commencer par la crèche située rue Girardot.
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