Chère Marie-Christine,
Le vote du budget supplémentaire pour conduire une politique municipale en accord avec les engagements pris devant la population, n’est pas un acte anodin.
Il traduit la volonté politique des élus de construire avec le Bagnoletais une ville plus juste, plus sûre, plus solidaire.
Il autorise le difficile passage en acte des besoins et des attentes populaires qu’une politique agressive de droite de plus en plus pesante sur les finances communales, s’attache à rendre inextricable.
Le vote du budget primitif et supplémentaire est donc un acte avant tout politique qui nécessite d’autant plus de solidarité entre élus de gauche que la droite pèse de tout son poids pour réduire à rien toute marge d’autonomie des collectivités locales.
Les élus communistes mènent depuis de nombreuses années des actions de sensibilisation de l’opinion publique , appellent à agir et à manifester comme le 18 novembre dernier pour refuser et combattre les vrais destructeurs des finances locales et leurs traductions sociales.
Parce que nous consacrons notre activité d’élus, notre temps et notre énergie à la réalisation des engagements municipaux pris devant les électeurs et durant le mandat lors des initiatives participatives telle que les conseils de quartiers et les assises de la ville, nous sommes particulièrement choqués de la posture d’un certain nombre d’élus de la majorité auxquels tu as cru bon de joindre ta voix.
Loin de nous l’idée que nous serions parfaits, infaillibles ou que nous détiendrions la vérité à nous seuls, mais le vote sanction orchestré au dernier conseil sur un acte majeur de la municipalité, relève plus de l’opération politicienne que de la volonté d’avancer ensemble pour résoudre les différents.
Aucune intervention pour condamner la droite, pour mettre en lumière les difficultés à construire un budget social, pour proposer des actions avec la population afin d’obtenir des avancées pour la population et la ville.
Tu as évoqué les désaccords qui t’ont amenée à démissionner de ta fonction de première adjointe et à ne plus participer aux conseils municipaux. Nous avons regretté ce choix de te mettre toi-même en dehors de l’activité municipale et du groupe auquel tu appartenais, mais nous l’avons respecté sans jamais nous y résoudre et en laissant ouverte à ta convenance toute possibilité de rencontre et de d’échanges. Hélas, tu viens de franchir un nouveau pas qui n’honore pas le combat que tu prétends mener dans d’autres lieux et qui brouille un peu plus la lecture rendue déjà difficile par les positions des Verts et des socialistes de l’action municipale par les Bagnoletais.
On ne retiendra de ton « retour » partiel à la vie municipale qu’un acte de défiance à l’égard de la municipalité là où il aurait été nécessaire et constructif d’apporter des propositions, de la solidarité avec la population Bagnoletaise exposée à toutes les souffrances sociales.
Tu dis rester communiste, nous voulons bien le croire, nous espérons seulement pouvoir le vérifier dans une pratique politique qui, sans nier les différences voir les divergences d’approche, privilégie à tout moment le débat, la concertation et la confiance à l’expression de rancoeurs qui conduisent aux coups tordus et au double jeu des alliances improbables et politiciennes.
D’autres échéances budgétaires et politiques sont devant nous, nous t’enjoignons à réfléchir aux conséquences pour la population auxquelles de telles dérives conduiraient si elles devaient se prolonger. Nous restons ouverts à tout dialogue avec toi pour en mesurer les conséquences et en tirer les enseignements les plus utiles pour notre ville.
Bien cordialement,
Laurent Jamet
Président du groupe Communistes Radical et Citoyens
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