Après un long débat, le conseil municipal a autorisé le maire à lancer l’appel d’offre pour la construction de modules d’hébergements pour les Roms Bulgares au 133 avenue Gallieni, seul terrain disponible dans la ville. Après avoir esquivé le débat en quittant la salle, lors du Conseil du 14 décembre, les élus socialistes ont, hier soir, fait état de leur certitudes. Leur opinion, même si nous divergeons avec eux sur ce sujet, méritait d’être exprimée. Toutefois, sur le fond comme sur la forme, elle ne peut qu’heurter les démocrates et gens de gauche. Pire, elle a permis une surenchère de la droite. Ainsi on a pu entendre des mots que nous n'aurions pas cru possibles dans cette enceinte. L'extrême droite, absente du Conseil Municipal depuis plusieurs mois, n'aurait sans doute pas eu grand chose à rajouter. Au fil de ces diatribes aux relents xénophobes, on a pu entendre des expressions telles que « qu’ils restent chez eux », « Tsunami », « prolifération » « invasion» . Ces propos scandaleux, prononcés par Monsieur Nidiau et Madame Balladur, ont été aussitôt condamnés par le Maire et par les présidents des groupes vert et communiste. Laurent Jamet, président de notre groupe, a interpellé M. Bernard Président du groupe PS pour qu’il condamne également ces propos. Nous attendons toujours qu’il le fasse.
Encore une fois, les élus socialistes de Bagnolet sont apparus en contradiction avec les politiques menées par les élus socialistes à la Région ou au niveau national. L'enjeu, à Bagnolet comme dans beaucoup de villes d'Ile de France est l'éradication des bidonvilles. Clairement interpellés à ce sujet, les élus socialistes de Bagnolet n’ont apporté aucune explication et ont confirmé leurs divergences. Pire, ils ont publiquement insulté leurs collègues de la Région, usant à leur endroit de l'expression « connards » et qualifiant le président du Conseil régional, Jean Paul Huchon, de « sac à merde » (sic). Les intéressés apprécieront…
Depuis deux ans que nous travaillons pour dégager des solutions pour résoudre ce problème, les élus socialistes de Bagnolet n’ont jamais fait de proposition constructive. Leurs élus, pourtant associés au groupe de travail, n’y ont même jamais ouvert la bouche. A contrario, nous bénéficions du soutien d'élus socialistes, communistes et verts de la Région Ile de France qui financera ce projet à la hauteur de 70%.
Nous le répétons : il n'existe pas d'autre solution à la fois humaine et raisonable pour résoudre ce problème. Sinon à procéder à de nouvelles expulsions qui jetteront à nouveau des personnes dans l'errance et n'engendreront que la misère. Ces populations Rroms qui ont quitté la Roumanie ou la Bulgarie dans la situation qui nous occupe l'ont fait pour fuir la misère et la discrimination. Leurs situation, du fait de l'entrée de leurs pays à la l'Union européenne au 1er janvier 2007 en fait des ressortissants non expulsables. En fait, ces populations sont aujourd'hui des proies faciles pour des entreprises dont certaines sont côtées au CAC 40, pour des patrons peu scrupuleux qui les embauchent illégalement, pour des salaires de misère, sans protection sociale. Ce phénomène nous interpelle sur la construction de cette Europe ultralibérale.
Et puis pour les "habitants du chateau", comme pour les habitants de notre ville la situation actuelle ne peut perdurer. Nous souhaitons restituer ce lieu aux Bagnoletais dans les plus brefs délais. Tout ce qui concourt à retarder le projet concourt à retarder cet objectif.
Le lieu prévu pour l'acceuil n'est evidemment pas idéal mais comme l'a dit le Maire il n'y en a pas d'autres. Il ne sera pas prévu pour accueillir indéfiniment la soixantaine de résidents permanents. C’est donc de cela qu’il s’agit. Trouver un hébergement provisoire qui assure le minimum nécessaire pour vivre dignement : de l’eau, de l’électricité, de la place pour dormir. Tout ce qui manque pour s'insérer. Cela passe aussi par l’obtention de papiers et l’accès à un travail déclaré, unique moyen de réussir une véritable intégration.
Par ailleurs, devant l’ampleur de la situation vécue par toutes les villes de la région parisienne, le Maire, Marc Everbecq, a décidé d’interpeller les élus des villes limitrophes de Paris pour qu’ils prennent leur part dans ce travail. Nous soutenons pleinement cettte action qui permettrait de mutualiser les reflexions, d'approfondir ensemble les problèmes, et de conduire une action collective pour des solutions durables.
L’action de la Municipalité de Bagnolet dans ce domaine est exemplaire et a été saluée comme étant véritablement novatrice. C’est cette innovation qui choque ceux qui préfèrent l’amalgame et opposer les habitants entre eux. Nous avons fait le pari du « vivre ensemble » car il s’agit d’une valeur à laquelle nous sommes viscéralement attachés. Surtout lorsqu’elle permet de lutter efficacement contre la misère.
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