
Marie-George Buffet, candidate à l'élection présidentielle, a estimé mercredi qu'il y avait "assez de candidatures à gauche" et elle a appelé José Bové à "mener campagne" à ses côtés.
Mme Buffet a reconnu sur Canal+ que la probable candidature de José Bové à la présidentielle, qui devrait être annoncée le 1er février, "oui", compliquait la situation à gauche. "Il y a assez de candidatures à gauche, il ne faut pas multiplier les candidatures", a-t-elle dit.
Selon l'ancienne ministre, "l'heure est au rassemblement, à mener campagne et non pas à prolonger les débats internes". "On a l'impression qu'on se regarde le nombril", a-t-elle déploré.
"J'ai envie de dire à José Bové: l'heure est à mener campagne ensemble", a lancé Mme Buffet, en ajoutant qu'elle tendait "bien sûr" la main au militant altermondialiste.
Mardi soir, la candidate communiste a fait part de sa "soif de gagne" à quelque 5.000 personnes réunies au Zénith à Paris pour son premier grand meeting de campagne, placé sous le signe de la gauche "populaire et anti-libérale".
La candidate a proposé de porter au pouvoir "une gauche de responsabilité et de combat", et non pas "une gauche qui renonce avant même d'avoir commencé".
"Quand on est de gauche, on est de la gauche populaire et anti-libérale!", a-t-elle lancé. Elle a assuré les collectifs anti-libéraux que sa candidature était "solide", "sincère", et "porte une vraie ambition de rassemblement pour le changement".
La candidate a fait plusieurs fois siffler Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP, "le loup qui s'est déguisé en agneau", celui qui veut "faire de l'impôt sur la fortune une coquille vide", celui qui "ose invoquer Jaurès", celui "qui dédie sa dernière loi aux mineurs pour les mettre plus facilement en prison".
M. Sarkozy avait évoqué Jean Jaurès et d'autres figures de la gauche lors de son discours d'intronisation à la porte de Versailles.
Elle a rappelé plusieurs thèmes de son programme : Smic à 1.500 euros, Grenelle des salaires, réforme du financement de la protection sociale, fin des expulsions locatives, loyers plafonnés, allocation d'autonomie pour les jeunes, réforme de l'impôt, triplement de l'impôt sur la fortune pour les plus riches, création d'une Europe "sociale, démocratique, écologique"...
Sur un grand écran au fond de l'estrade, était inscrit "Marie-George Buffet, rassembler la gauche populaire et anti-libérale", avec en alternance des textes de la candidate comme : "je ne crois pas à la fatalité en politique, je crois au courage, aux convictions, aux idées".
Parmi les intervenants, Hind Koury, représentante en France de l'autorité palestinienne, Tini Cox (par liaison téléphonique), responsable du parti socialiste néerlandais, André Chassaigne, député PCF du Puy-de Dôme et président de l'association des élus communistes et républicains, Mouloud Aounit, président du Mrap, qui a loué l"ouverture" et le "rassemblement" de la candidate.
"Voter utile, c'est voter Marie-George Buffet", a dit un syndicaliste marin, Jean-Paul Israël.
Il y avait encore une représentante d'une association féministe, une ouvrière du textile dont l'usine risque d'être délocalisée, un responsable de l'économie solidaire, une Haïtienne sans papiers parrainée par Mme Buffet...
De jeunes communistes agitaient des drapeaux rouges, en scandant régulièrement des slogans : "tous ensemble tous ensemble" ou "nous sommes tous des enfants d'immigrés".
Le meeting s'est achevé sur une Marseillaise à pleine voix, suivie de l'Internationale.
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