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6ème conférence des maires pour la paix Hiroshima 2005

Discours prononcé par André BARAGLIOLI à la session « rencontre avec les habitants ».
 
« Mayor Hakiba, Mesdames et Messieurs les élus, mesdames, messieurs,      

 «Avec les mots de tous les jours,       
 Avec les gestes de l’Amour,   
 Avec la peur, avec la faim,     
 Avec les faibles, avec les forts,           
 Avec tous ceux qui sont d’accord      
 Ne seraient-ils que quelques uns        
 Peut-être viendra-t-elle enfin, 
 LA PAIX »    

Cet  extrait  d’une  chanson  de  Georges Moustaki intitulée « Hiroshima »  répond  en  partie  à  la question qui nous est posée de comment agir pour  l’abolition des armes nucléaires.
Abolir  les  Armes  nucléaires  est  une  ambition  grande  et noble, pour  certains  c’est  une  utopie, pour d’autres une nécessaire concession à la  sûreté  du  monde  pour  nous  «  and you may say I’m a dreamer » c’est un  objectif réaliste sans pour autant être une finalité.
En  effet,  cet  objectif  est réalisable ne serait-ce parce que les armes  nucléaires,  en  étant capables d’anéantir l’Humanité n’ont pas leur place  dans son histoire puisqu’elles marquent justement la fin de l’Humanité.   
L’abolition  va  de pair avec le développement d’une culture de Paix, elle  l’accompagne,  et peut en être un aboutissement, le premier pas vers une « civilisation de Paix ».
Bagnolet,  la  ville  que  je représente, est engagée dans la promotion de  cette  culture  de  Paix  notamment  à travers ses jumelages avec la ville  d’Oranienburg où se dressait le second camp de concentration construit par  les  nazis  :  Sachsenhausen  et  avec  le camp de réfugiés Palestinien de  Chatila  au  Liban, lieu d’un terrible massacre, où , comme à Hiroshima ne furent distingués ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfant .   
Notre  action  est  marquée  pour Chatila par trois idées directrices : la  solidarité  humaine  avec les réfugiés et politique en vue de permettre le  droit   au   retour,  la  coopération  entre  les  acteurs  impliquées  ou  sensibilisés par la question (citoyens, élus, associations) et la Paix.
La  Paix  est  dans toutes nos actions le fil conducteur de la démarche de  solidarité mais également le but final.  Toujours  dans  le  cas  de Chatila, la question de la Paix ne se pose pas uniquement  au Proche-Orient mais également dans notre ville où le conflit  Israélo-Palestinien  pourrait  trouver  un  écho  à  travers des violences  commises  contre  des  jeunes Français de confession juive ou musulmane et  contribue  à  alimenter  un  sentiment  de  bienveillance  envers ceux qui  prônent  le  terrorisme  ou  encore sont sensible à la thèse du « choc des  civilisations ».        
Jumelée  avec  la  ville  d’Oranienburg, Bagnolet, Ville Française cherche  également  à  vivre  en  harmonie  avec  nos  frères Allemands après trois  guerres  qui  ont  opposé  nos  pays. Lors des préparatifs de la guerre en  Irak,  les  maires on signé un appel commun contre la guerre qui a reçu un  appel très favorable dans l’opinion de nos deux villes..
Depuis  un an nous avons vécu les célébrations du soixantième anniversaire  de  la  Libération du camp de Sachsenhausen où 100 citoyens de notre ville  se sont rendus pour célébrer la paix retrouvée.
Cela  ne  fut  possible que parce que nous avions la volonté réciproque de  dire  « Plus Jamais çà » et parce que nous avons su faire vivre la mémoire  de  nos  anciens, des témoins, des survivants. Nous avons ainsi insisté et  fait  comprendre  à nos concitoyens que les Allemands furent les premières  victimes  des  nazis  et  que les camps furent d’abord construit pour ceux d’entre  eux  qui étaient le plus attachés à la Paix. Cette démarche était essentielle  pour  obtenir  une réconciliation sincère et durable, elle ne pouvait  se  faire  sans, au préalable un examen critique et sincère de ce que fut la France de Vichy durant la guerre.    
En Europe, les survivants de la guerre et plus encore de l’enfer des camps  disparaissent  et  nous n’avons pas de 2è, de 3è génération comme c’est le  cas  pour  les  Hibakushas d’Hiroshima et de Nagasaki ou pour les victimes  vietnamiennes de l’Agent Orange, des munitions à uranium appauvri en Irak.         
Pourtant  il  faut  écouter  la voix faiblissante des Hibakushas, récolter  leur   parole,   favoriser   les  recherches  historiques,  promouvoir  la  traduction et l’édition de livres dans nos langues respectives, persévérer  dans  l’éducation  et les actions pédagogiques afin que comme le disait le  prix  Nobel  de  littérature,  Kenzaburo  OE,  «le  souvenir du martyre nucléaire [puisse] nous aider à humaniser le présent ». 
Toutes  ces actions participent eu développement de la culture de Paix, du  travail  de  mémoire  et  peuvent servir la visé abolitionniste qui est la  notre.
Enfin, il faut mettre au présent les tragédies passées en affirmant que le racisme  mène   à  l’extermination  aussi  sûrement  que  la guerre mène à l’horreur nucléaire.
Il  faut  également  être  visibles,  montrer  aux habitants de nos villes qu’ils  ne  sont  pas  seuls  et  que  nous  élus  de  tous  pays,  toutes confessions,  toutes  couleurs  et  opinions  sommes  unis à leur cotés et organisés dans cet objectif de Paix et donc d’abolition.
Arigato Gosaimass »
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