Discours prononcé par André BARAGLIOLI à la session « rencontre avec les habitants ».
« Mayor Hakiba, Mesdames et Messieurs les élus, mesdames, messieurs,
«Avec les mots de tous les jours,
Avec les gestes de l’Amour,
Avec la peur, avec la faim,
Avec les faibles, avec les forts,
Avec tous ceux qui sont d’accord
Ne seraient-ils que quelques uns
Peut-être viendra-t-elle enfin,
LA PAIX »
Cet extrait d’une chanson de Georges Moustaki intitulée « Hiroshima » répond en partie à la question qui nous est posée de comment agir pour l’abolition des armes nucléaires.
Abolir les Armes nucléaires est une ambition grande et noble, pour certains c’est une utopie, pour d’autres une nécessaire concession à la sûreté du monde pour nous « and you may say I’m a dreamer » c’est un objectif réaliste sans pour autant être une finalité.
En effet, cet objectif est réalisable ne serait-ce parce que les armes nucléaires, en étant capables d’anéantir l’Humanité n’ont pas leur place dans son histoire puisqu’elles marquent justement la fin de l’Humanité.
L’abolition va de pair avec le développement d’une culture de Paix, elle l’accompagne, et peut en être un aboutissement, le premier pas vers une « civilisation de Paix ».
Bagnolet, la ville que je représente, est engagée dans la promotion de cette culture de Paix notamment à travers ses jumelages avec la ville d’Oranienburg où se dressait le second camp de concentration construit par les nazis : Sachsenhausen et avec le camp de réfugiés Palestinien de Chatila au Liban, lieu d’un terrible massacre, où , comme à Hiroshima ne furent distingués ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfant .
Notre action est marquée pour Chatila par trois idées directrices : la solidarité humaine avec les réfugiés et politique en vue de permettre le droit au retour, la coopération entre les acteurs impliquées ou sensibilisés par la question (citoyens, élus, associations) et la Paix.
La Paix est dans toutes nos actions le fil conducteur de la démarche de solidarité mais également le but final. Toujours dans le cas de Chatila, la question de la Paix ne se pose pas uniquement au Proche-Orient mais également dans notre ville où le conflit Israélo-Palestinien pourrait trouver un écho à travers des violences commises contre des jeunes Français de confession juive ou musulmane et contribue à alimenter un sentiment de bienveillance envers ceux qui prônent le terrorisme ou encore sont sensible à la thèse du « choc des civilisations ».
Jumelée avec la ville d’Oranienburg, Bagnolet, Ville Française cherche également à vivre en harmonie avec nos frères Allemands après trois guerres qui ont opposé nos pays. Lors des préparatifs de la guerre en Irak, les maires on signé un appel commun contre la guerre qui a reçu un appel très favorable dans l’opinion de nos deux villes..
Depuis un an nous avons vécu les célébrations du soixantième anniversaire de la Libération du camp de Sachsenhausen où 100 citoyens de notre ville se sont rendus pour célébrer la paix retrouvée.
Cela ne fut possible que parce que nous avions la volonté réciproque de dire « Plus Jamais çà » et parce que nous avons su faire vivre la mémoire de nos anciens, des témoins, des survivants. Nous avons ainsi insisté et fait comprendre à nos concitoyens que les Allemands furent les premières victimes des nazis et que les camps furent d’abord construit pour ceux d’entre eux qui étaient le plus attachés à la Paix. Cette démarche était essentielle pour obtenir une réconciliation sincère et durable, elle ne pouvait se faire sans, au préalable un examen critique et sincère de ce que fut la France de Vichy durant la guerre.
En Europe, les survivants de la guerre et plus encore de l’enfer des camps disparaissent et nous n’avons pas de 2è, de 3è génération comme c’est le cas pour les Hibakushas d’Hiroshima et de Nagasaki ou pour les victimes vietnamiennes de l’Agent Orange, des munitions à uranium appauvri en Irak.
Pourtant il faut écouter la voix faiblissante des Hibakushas, récolter leur parole, favoriser les recherches historiques, promouvoir la traduction et l’édition de livres dans nos langues respectives, persévérer dans l’éducation et les actions pédagogiques afin que comme le disait le prix Nobel de littérature, Kenzaburo OE, «le souvenir du martyre nucléaire [puisse] nous aider à humaniser le présent ».
Toutes ces actions participent eu développement de la culture de Paix, du travail de mémoire et peuvent servir la visé abolitionniste qui est la notre.
Enfin, il faut mettre au présent les tragédies passées en affirmant que le racisme mène à l’extermination aussi sûrement que la guerre mène à l’horreur nucléaire.
Il faut également être visibles, montrer aux habitants de nos villes qu’ils ne sont pas seuls et que nous élus de tous pays, toutes confessions, toutes couleurs et opinions sommes unis à leur cotés et organisés dans cet objectif de Paix et donc d’abolition.
Arigato Gosaimass »
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