APRÈS une mandature marquée par des heurts constants au sein de la coalition PC-PS-les Verts, la division semble être le maître mot à Bagnolet
et n'épargne quasiment aucun parti.
« La campagne pour les municipales de 2008 a démarré il y a six ans », observe le maire sortant (PC), Marc Everbecq, qui a eu ces dernières années plus de fil à retordre avec ses alliés de gauche qu'avec son opposition de droite. A plusieurs reprises, des conseils municipaux ont dû être repoussés faute de quorum, les écologistes et les socialistes avaient pris l'habitude de boycotter des séances pour marquer leur mécontentement.
Aussi, c'est naturellement qu'il y a quelques mois le PS, les Verts et le CAC 93 (Café alternatif et citoyen) - une association citoyenne créée notamment par Marie-Christine Lacazette, ancienne première adjointe communiste qui a démissionné en 2005 - ont choisi de monter une liste d'union. Initialement, le nom du député PS Claude Bartolone avait été avancé pour jouer les chefs de file.
Finalement, ce sera le socialiste local Tony Di Martino.
Listes dissidentes
Mais depuis ces derniers jours, cette alliance à gauche contre le PC a du plomb dans l'aile. La semaine dernière, Pierre Mathon, figure écologiste du conseil municipal, qui a souvent marqué son opposition au sein de la majorité, a annoncé qu'il mènerait sa propre liste. L'élu évoque des « divergences » sur le programme de la liste menée par Di Martino, où Didier Idjadi, autre adjoint vert, sera le chef de file des écologistes (selon le choix des militants verts début janvier).
Pour couronner le tout, la rumeur de dissidences cette fois côté PS se fait de plus en plus pressante. « J'ai des socialistes avec moi », assure ainsi Marc Everbecq, qui promet « des rebondissements potentiels » dans la campagne. Le nom de Daniel Bernard, adjoint sortant et candidat malheureux à l'investiture socialiste, revient régulièrement. L'intéressé, peu satisfait de sa 17 e place sur la liste Di Martino, ne veut « rien dire encore », mais revient sur le vote des militants en novembre, qu'il estime « entaché d'irrégularités » et qui aurait laissé la section locale « divisée en deux camps ». Tony Di Martino ne veut pas croire à cette rumeur et accuse le maire « de semer la zizanie au sein du PS ». Comme pour lui donner raison, Marc Everbecq vient de décider de retirer les délégations de trois de ses adjoints socialistes (dont Tony Di Martino) à la suite de leur vote négatif contre le budget jeudi soir, tout en épargnant trois autres adjoints PS (dont Daniel Bernard).
La droite, qui pèse un tiers des voix dans cette ville marquée à gauche, n'échappe pas non plus aux divisions. Accusant l'UMP d'avoir « parachuté » Jacques Nio, le conseiller municipal Gérard Nidiau mènera lui aussi sa propre liste. Le FN, qui avait accédé au second tour en 2001, n'a pour l'instant pas annoncé sa participation.
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