Après la distribution d'un tract de l'association nationale des élus communistes et républicains aux délégués du congrès des HLM à
Cannes par Laurent Jamet et Marc Lardreault , le conseil municipal exprime à son tour son opposition à la destruction du logement social par le gouvernement.
Non à l’abondon du logement HLM
et à la destruction de la mixité sociale dans les quartiers
Le décret gouvernemental du 21 août 2008 qui fait suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy en avril dernier,
prévoit d’abaisser de 10% le plafond de revenus pour accéder au logement HLM. Le parc ne sera donc plus accessible qu'à 60% de la population, au lieu de
70% actuellement, écartant ainsi de nombreux Bagnoletais.
Le décret prévoit également d’appliquer le supplément de loyer de solidarité (surloyer) lorsque le
dépassement du plafond sera égal ou supérieur à 20% contre 60% aujourd’hui. A Bagnolet le nombre de locataires assujettis triplera, le montant du
surloyer, en moyenne, doublera le prix du loyer.
Les familles ayant un fort dépassement du plafond seront contraintes de quitter leur logement dans les 3 ans.
La crise du logement touche de plein fouet les classes populaires et les revenus moyens. Les listes de locataires en demande d'HLM ne cessent de s'allonger, tout comme la durée d'attente pour
obtenir un logement. Certaines familles, faute de mieux, doivent se loger dans des hôtels de fortune dans l'attente de l'attribution d'un logement social.
Ces dernières années, le niveau de vie des locataires d'HLM n'a
cessé de baisser : 25% des nouveaux résidents vivent au-dessous du seuil de pauvreté et 60% des occupants appartiennent aux catégories «très sociales». Jusqu'à présent, les critères de revenus
étaient fixés de façon à maintenir un minimum de mixité : les deux tiers des foyers fiscaux pouvaient légalement solliciter un HLM.
En poussant ainsi vers la sortie, ceux dont les revenus dépassent un plafond revu à la
baisse, ce décret fait une autre victime : la mixité sociale.
Ces mesures d’« exclusions »vont transformer les cités
HLM en ghettos de familles vivant sous le seuil de pauvreté et expulser les ménages modestes, pas assez pauvres pour être admis et pas assez riches pour trouver un toit
correct.
L’attaque contre le logement social est frontale, massive et sans
retenue. Dans son esprit comme dans sa traduction annoncée pour le 1er janvier 2009, elle est inacceptable et contraire aux projets que nous avons construits avec la population de
Bagnolet : « permettre à chaque Bagnoletais d’accéder au logement qui correspond à ses besoins et à ses possibilités et garantir la mixité sociale. »
Nous considérons que ce décret entérine l’abandon du logement social par le gouvernement. Il est générateur de nouvelles difficultés sociales et d’exclusions dangereuses pour de nombreuses
familles aux revenus modestes et moyens.
Nous demandons de retrait de ce décret, la mise en chantier des 100.000 logements par an promis par le candidat Nicolas Sarkozy, l’application de la loi SRU pour les villes qui n’ont pas 20% de
logements sociaux, la création d’un service public national et décentralisé du logement.
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