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Hommage à Fernand GILLET

Hommage  à Fernand Gillet le 12 janvier par Jocelyne RIOU.
Voici venu pour nous tous, le moment particulièrement difficile de dire adieu à Fernand et de parler de lui désormais au passé.
 Depuis quelques mois déjà nous le savions fatigué puisqu’il participait un peu moins, je dis bien un peu moins seulement aux activités de ses engagements, mais rien ne laissait penser à sa disparition aussi soudaine que brutale, en particulier pour ses proches.
Tous ceux qui l’ont côtoyé savent qu’il n’était pas seulement un homme discret, voir même un peu secret. C’était aussi et avant tout un homme d’engagement, de conviction,  et de courage.
Monté à Paris à 17 ans, comme on disait déjà en 1935,  c’est en région parisienne qu’il vivra le front populaire, ce grand moment où les luttes des salariés de notre pays arrachèrent de grandes avancées sociales et qui marquera sa vie à tout jamais et décidera de son engagement.
Comme tous les jeunes de sa génération, il est mobilisé en 1939. Mais après ce que l’on a appelé «  la drôle de guerre », il rejoint dès sa démobilisation les maquis du centre de la France et participera les armes à la main à la libération du pays.
La guerre terminée, on le retrouve en Allemagne en zone occupée où il travaillera jusqu’en 1948 à Baden- Baden.
C’est à ce moment un an après la naissance de Bernard qu’il rentre en France et s’installe à Bagnolet qui deviendra sa ville jusqu’à son dernier jour et où ses cendres vont aujourd’hui reposer.
Employé communal, il mit son intelligence, son savoir faire, ses compétences   au service de la ville pour aider à résoudre les problèmes posés à la population et il faut dire qu’au sortir de la guerre ils sont particulièrement nombreux . Il faut répondre aux besoins en logements, éradiquer les logements insalubres, développer les équipements publics, terminer l’assainissement de la ville et j’en passe……. Fernand avait la conviction profonde que la plus grande richesse d’une ville ce sont ses habitants et qu’il fallait veiller comme sur la prunelle de ses yeux à en préserver la diversité , permettre à chacun de pouvoir y vivre et y rester si tel était son choix. Militant communiste , il était particulièrement attentif à vouloir donner de la dignité à ceux à qui ont la refusait cela fera de lui un partisan convaincu du bien fondé du développement et de la défense du logement social. N’etait-il pas d’ailleurs ces derniers jours encore à vouloir relancer l’amicale des locataires dont l’activité s’était quelque peu estompée. Quel meilleur hommage peut lui être rendu que la volonté déjà exprimée de prendre le relais de ce qu’il avait commencé à mettre en œuvre. Dans les années 60 il ne compta pas son temps , ne ménagea pas ses efforts lorsque l’Etat imposa aux élus de la ville la création de l’autoroute A3. Il fallu faire face à des centaines d’expropriations et répondre au défi d’un e transformation profonde de la ville. Avec Jacqueline Chonavel alors Maire de la Bagnolet et André Macé premier adjoint il travaillera avec acharnement en particulier avec l’architecte Serge Lana a faire de Bagnolet  «  le carrefour de l’est parisien »., cette ville, populaire et solidaire que nous connaissons aujourd’hui. Les dossiers des groupes scolaires , des équipements comme le centre de santé, les bibliothèques construites alors , du cinéma, des voiries ou des espaces verts n’ont aucun secret pour lui. C’est d’ailleurs lui qui me fit découvrir il y a quelques mois l’engagement très ancien de Bagnolet pour l’écologie car dès 1959 le conseil municipal de l’époque avait exprimé sa volonté de voir préserver les anciennes carrières en parc naturel alors que l’Etat avait d’autres visées.
Mais l’engagement de Fernand ce n’était pas seulement cela. Toute sa vie il fut un militant actif de la défense de l’école Laïque, cette école de la République où il a tant appris et qui se doit de donner à chaque enfant, quelles que soient ses origines, sa culture ou sa religion le même accès au savoir. Cette école qui doit avoir pour objectif de faire reculer les inégalités et faire de chaque enfant non seulement un travailleur mais aussi un citoyen capable de maîtriser son avenir. Les coups portés à l’école de la République depuis de trop nombreuses années le préoccupaient tellement qu’il adressa il y a quelques semaines seulement à Marie gorges Buffet un long document dans lequel il faisait part de ses préoccupations et soumettait à celle qui est aujourd’hui notre candidate à la Présidence de la République un certain nombre de propositions pour changer le cours des choses. Jusqu’à son dernier souffle il fut un homme de propositions
 Délégué départemental de l’éducation nationale , tout comme Odette il se voit confier en 1990 par le comité directeur des D.D.E.N de Seine Saint Denis   la mission d’assurer l’animation du concours des écoles fleuries . Avec elle il s’attachera à lui donner le succès que nous lui connaissons aujourd’hui.
 
A toi Odette, sa compagne, à vous Bernard et Marie-Christine ses enfants, à vous Anne et Michel ses petits enfants je veux dire combien nous partageons votre peine mais aussi vous rappeler surtout en cette douloureuse circonstance combien nous sommes nombreux à être heureux et fier d’avoir à moment où à un autre de notre vie pu cheminer avec un homme tel que lui . A vous tous je veux dire toute notre amitié et toute notre affection.
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