Voeu proposé par les élus communistes et adopté au conseil municipal du 14 février 2007
Le ministère de l'éducation Nationale veut lancer l'expérimentation d'EPEP « Etablissements Publics d'Enseignements du Premier degré ».
L'imposer serait d'ailleurs le terme le plus approprié puisque le SNUipp et la quasi totalité des organisations représentants les enseignants et les parents ont refusé de siéger lors du Conseil Supérieur de l'Education du 25 janvier en raison de l?absence de concertation et de leurs critiques du projet.
De quoi s'agit-il ?
Tournant le dos à une école centrée sur la réussite de tous les élèves, les EPEP assimilent l'école à l'entreprise avec des objectifs d'économies de gestion, de réduction des coûts et des personnels.
Sous couvert de mutualisation de moyens et de coordination des différentes politiques éducatives, les classes maternelles et élémentaires seraient regroupées au sein d'une même entité composée d'au moins 30 classes, les écoles et ses personnels placées sous la tutelle des collectivités territoriales.
L'EPEP serait piloté par un "conseil d'administration", 50% des membres du CA seraient des représentants des collectivités locales. Le président du CA serait obligatoirement un élu local lui aussi. Les représentants des personnels ne dépasseraient pas 30% du CA. Les autres 20% étant réservés à un contingent de parents ou de personnalités locales, parmi lesquelles les représentants d'entreprises privées du territoire. Ce choix accentuerait l'emprise sur l'école des intérêts particuliers.
Les prérogatives du Conseil d'Administration s'étendraient jusqu'à l'organisation pédagogique de l'Etablissement.
Le directeur de l'EPEP, dont la fonction essentielle est de préparer et d'exécuter les décisions du conseil d'administration, se verrait placé dans un rapport hiérarchique vis-à-vis des autres directeurs et des adjoints.
Parents et enseignants verraient réduits voir annulés leurs pouvoirs d'intervention, les décisions étant prises par le conseil d'administration.
Ce projet a aussi vocation à regrouper au-delà des frontières communales : exit les logiques de carte scolaire, de mixité sociale, de politique d'éducation impulsée par les élus. En s'ouvrant sur la supra communalité, le système des EPEP dessaisirait les communes de certaines compétences, conduisant à payer pour des classes ou écoles privées d'autres communes.
A l'évidence, ce projet est dangereux, il conduirait à substituer une logique managériale d'entreprise à la logique de service public d'éducation nationale.
Rien à voir avec notre projet de reconstruction de l'école Joliot Curie, travaillé dans la concertation, en toute maîtrise des enjeux pour une école au centre d'un projet de quartier associant tous les moyens publics concourrant à une école de la réussite (gymnase, centre de loisirs, classes et cour plus grandes..).
A l'inverse des EPEP, il s'agit de placer l'enfant au centre du projet, de faire jouer aux parents, aux enseignants et toute la communauté scolaire un rôle actif et participatif à la réalisation de la nouvelle école.
Nous vous proposons en nous appuyant sur cette idée de l'école, de la place de l'enfant et de la communauté scolaire, d'adopter un voeu exigeant le retrait du projet d'EPEP que le gouvernement s'entête à vouloir imposer malgré l'avis défavorable exprimé par le conseil supérieur de l'éducation et l'ensemble des syndicats.
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