Dépêche de l'AFP en date du 20 février 2007
Depuis l'incendie de leur squat en décembre 2004, 80 Roms bulgares vivent >dans l'ancien château de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) en attendant leur relogement dans des bungalows neufs : une initiative rare en Ile-de-France.
Le sort des "Roms du château" a été salué en 2006 par le commissaire européen aux droits de l'Homme Alvaro Gil Robles comme "un vrai geste de solidarité de la part d'une municipalité qui est loin d'être parmi les mieux loties de la région parisienne".
Hormis quelques opérations d'accompagnement d'envergure à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) ou Lieusaint (Seine-et-Marne), le relogement d'urgence récent de plus de 250 Roms établis à Bobigny, les villes sollicitent en général l'expulsion des terrains squattés, poussant les Roms à s'établir sur les communes voisines.
L'histoire avait commencé de même à Bagnolet : le maire PCF demandait l'expulsion des Bulgares, majoritairement des hommes célibataires, déjà chassés de Montreuil.
Mais le 1er décembre 2004, plusieurs squats brûlent en Seine-Saint-Denis, dont deux à Bagnolet. Trois personnes meurent dans le deuxième incendie. "On se demandait s'il ne s'agissait pas d'actes racistes", se souvient le maire Marc Everbecq, qui veut alors "protéger ces gens".
Devant l'urgence et "la fin de non-recevoir" de la préfecture, il leur ouvre le "Château de l'étang", un ancien centre de loisirs vétuste inutilisé.
Après de vifs débats et le barrage de l'opposition socialiste, la municipalité communiste a voté en 2006 la construction d'un foyer d'hébergement provisoire plus adapté sur un terrain municipal.
D'ici l'été, une vingtaine de chambres doivent être construites dans des bungalows préfabriqués et un pavillon doit être réhabilité pour les parties communes.
Les Bulgares seront accompagnés par une association dans la recherche d'un travail parmi les sept secteurs ouverts aux Bulgares et Roumains depuis le 1er janvier 2007, et d'un logement définitif.
La région a financé 75% des 500.000 euros du projet, sur le fond d'un million d'euros voté en juin 2005 pour "l'éradication des bidonvilles".
Cette année-là, Médecins du Monde avait comptabilisé en Ile-de-France une trentaine de bidonvilles, abritant 2.500 occupants. La moitié était située en Seine-Saint-Denis. Leur nombre n'aurait pas diminué.
En dehors d'un second projet financé à Aubervilliers, le Conseil régional n'a pas reçu d'autres dossiers en 2006. "Le fond sera abondé si d'autres projets arrivent", promet pourtant l'élue en charge du fond, Francine Bavet.
"Les villes ne se bousculent pas pour présenter des projets car elles sont tsiganophobes. Le maire de Bagnolet est une exception, comme le fut celui d'Achères", déplore Samir Nile, président de l'association la Voix des Roms.
Des mairies interrogées par l'AFP répondent la même chose: elles ne peuvent "accueillir toute la misère du monde", invoquant les demandes de logement social en attente dans leurs communes.
Toutes renvoient l'Etat à ses responsabilités. Y compris Marc Everbecq et Alain Outreman, maire PCF d'Achères (Yvelines), qui s'était en vain opposé en 2003 à l'expulsion de 200 Roms par le préfet. "Nous étions prêts à prendre notre part dans l'intégration des Roms, explique M. Outreman, à condition que les communes limitrophes et l'Etat prennent aussi leurs responsabilités. Achères est une ville pauvre qui n'a pas les moyens de sa générosité".
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